Qu'est-ce que l'intercontrat ?
L'intercontrat, ou intermission, désigne la période durant laquelle un consultant se retrouve sans mission active — le plus souvent à la fin d'un projet, quand l'entreprise n'a pas encore de nouvelle mission à lui confier. C'est un état de fait, pas un droit : le Code du travail ne mentionne pas spécifiquement l'intercontrat, chaque entreprise le régit par ses propres règlements internes.
Le phénomène concerne principalement les entreprises relevant de la convention collective Syntec — informatique, ingénierie et conseil. Le taux d'intercontrat dans les ESN se situe généralement entre 10 et 15 %.
Rémunération et droits des consultants en intercontrat
Un consultant salarié en intercontrat continue de percevoir son salaire fixe ; en revanche, les parties variables comme les primes de performance ou certains frais de transport ne sont généralement plus versées durant cette période.
Ses droits restent identiques à ceux d'un salarié en mission active : couverture sociale, formation professionnelle et congés payés sont inchangés. L'intercontrat ne peut pas non plus justifier un licenciement — trouver une nouvelle mission relève de la responsabilité de l'employeur, pas du salarié — et un licenciement lié à une période d'intercontrat prolongée nécessite un motif économique réel, sous peine de sanctions juridiques.
Comment les entreprises gèrent l'intercontrat au quotidien
Selon les cas, un consultant en intercontrat peut rester joignable depuis son domicile durant ses horaires habituels, ou être invité à venir au bureau pour des tâches en adéquation avec ses compétences. Si les périodes d'intercontrat s'accumulent, l'employeur peut aussi demander la prise de RTT ou de congés payés, dans le respect des délais de prévenance prévus par l'accord d'entreprise.
Comment profiter d'une période d'intercontrat
Une période d'intercontrat bien utilisée n'est pas du temps perdu :
- Participer à des projets internes en lien avec ses compétences, pour renforcer son sentiment d'appartenance à l'entreprise.
- Se former sur un nouveau langage ou une nouvelle technologie, en interne ou en externe — une formation pertinente proposée par l'employeur doit d'ailleurs être acceptée.
- Entretenir son réseau professionnel, mettre à jour son profil et partager son expérience, ce qui peut aussi ouvrir de nouvelles opportunités.
Éviter les intercontrats à répétition
Pour l'employeur, la meilleure réponse à l'intercontrat reste l'anticipation : suivre les dates de fin de mission, ajuster le recrutement aux besoins réels du marché et rester en contact régulier avec les consultants disponibles pour limiter au maximum la durée de chaque période creuse. C'est précisément ce que vise un dispositif de staffing externalisé bien piloté, où la continuité repose sur une équipe et un suivi structuré plutôt que sur une seule ressource isolée.